L’Afrique subsaharienne célébrée par le festival photographique L’Œil Urbain


par Julie Poncet, le Vendredi 27 Mars 2020


Parce que donner à voir reste une priorité, la rédaction de Compétence Photo a pris la décision de poursuivre la promotion des événements culturels (festivals, expositions, etc.) qui devaient se tenir dans toute la France. Les auteurs sélectionnés tout comme ceux qui souhaitaient les exposer cette année doivent être, plus que jamais, soutenus pour durer. Une découverte "virtuelle", en attendant un retour prochain au réel. À noter que le festival L'Oeil Urbain est reporté au mois d'octobre 2020.

© Baudoin Mouanda
Pour sa huitième édition, qui se déroulera en octobre prochain, le festival photographique l’Œil Urbain a prévu de consacrer la part belle à l’Afrique subsaharienne. Vaste sujet dont se saisissent dans ce cadre, des photographes africains et européens. Au total, plus d’une dizaine d’expositions compose le parcours photographique à Corbeil-Essones. Nous en avons sélectionné quatre.

Les images que Baudoin Mouanda nous ramène de son pays interloquent. On se demande quelle est la performance collective derrière cette mise en scène. Mais ce que le photographe congolais nous montre est le quotidien des étudiants de Brazzaville, subissant d’incessantes coupures d’électricité. Dès la nuit tombée, place à la débrouille : tels des mineurs, plongés non pas dans des cavités rocheuses mais dans leurs livres, ils ponctuent les rues à la recherche de la moindre lueur. Les fantômes de Corniche sont aussi des lucioles studieuses.

La série de la photographe française Eugénie Baccot date de 2015. Elle fait pourtant écho à une actualité dramatique dont on parle peu en dehors de l’Afrique de l’est : la pire invasion de criquets pèlerins depuis vingt-cinq ans. L’artiste nous plonge dans un décor cinématographique aux teintes verdâtres, à la suite des chasseurs de sauterelles. Œuvrant la nuit, à la lueur d’ampoules vertes les aveuglant elles aussi, les communautés touchées par ce fléau attirent les nsenene dans des brasiers qui les étourdissent, facilitant ainsi leur capture.

La photographe malgache Emmanuelle Andrianjafy nous raconte sa rencontre avec la capitale sénégalaise, Dakar. Tout d’abord désorientée par cette ville en constante mutation, l’artiste se réapproprie ses multiples facettes à travers la photo de rue, mais aussi de paysages et des portraits. La série Nothing’s in Vain déploie ainsi en couleur ou noir et blanc, en intérieur ou extérieur, toute la richesse de la vie dakaroise.

Le photoreporter hollandais Kadir Van Lohuizen consacre sa série à la filière du diamant. Dans les années 90 il effectue des reportages en Angola et en Sierra Leone notamment, sur ce que l’on appelle alors « les diamants de sang », mettant en exergue la mutation des conflits armés pour une accaparation des matières premières. Plus récemment, il décide de compléter son approche en renseignant tous les maillons de la chaîne, de l’extraction jusqu’à la consommation. Son travail le mène alors en Inde auprès des tailleurs de pierre, au Congo des traders, aux diamantaires d’Anvers jusqu’à la clientèle de la jet-set londonnienne.

Le parcours photographique du festival l’Œil Urbain devait initialement se dérouler du 27 mars au 17 mai 2020. Il se déroulera finalement en octobre 2020.

Festival l’Œil Urbain
Corbeil-Essonnes
Programme complet : www.loeilurbain.fr

Les fantômes de Corniche de Baudoin Mouanda



Nsenene Paradise d'Eugénie Baccot




Nothing’s in Vain d'Emmanuelle Andrianjafy




Diamond Matters de Kadir van Lohuizen