Re-cycle • épisode 10 : Papier aluminium • La série photographique racontée par Marion Saupin


par La rédaction, le Lundi 28 Septembre 2020


Papier aluminium "Cette matière m’inspire un imaginaire futuriste ; alors j’ai tout de suite pensé l’utiliser presque comme une combinaison et un casque. Une matière oppressante et visuellement lourde. J’ai « sculpté » le papier aluminium directement sur Neryel. Et ce son ; ce grincement, crissement, comme un appel de la matière dès que le modèle bougeait légèrement. Neryel devait rester le plus statique possible le temps de la prise de vues ; cette "sculpture" était légère et instable. Neryel me disait alors qu’elle m’entendait mal, qu’elle était dans un cocon brillant et presque insonorisé."
Marion Saupin

Après la séance, Neryel ajoute : "Je faisais du bruit à chaque fois que je bougeais ; c’était à la fois drôle, étrange et déconcertant ; j’avais l’impression de venir d’ailleurs. Je me souviens également avoir pensé que cela ne devait être pas agréable pour les poissons de se retrouver coincés là-dedans... J’étais vraiment davantage en mode écolo que futuriste pour le coup." Finalement, elle s’est sentie oppressée, ce qui était l’effet recherché.

La série "Re-cycle" de Marion Saupin a été retenue par Gérald Vidamment, rédacteur en chef de Compétence Photo pour concourir aux Zooms 2020, organisés par le Salon de la Photo.

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INVITATION Pour vous remercier de votre vote, vous recevrez prochainement par mail une invitation au Salon de la Photo 2020, qui se tiendra du 5 au 9 novembre 2020.

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Pourquoi avoir choisi Marion Saupin ?

C’est l’histoire d’une myriade d’objets jetables et d’emballages à utilisation unique ; tous certifiés non garantis à vie. À en croire notre folie consumériste, ils seraient néanmoins absolument indispensables à notre bien-être. Tantôt contenants, tantôt contenus, ils envahissent la planète, capitonnent les fonds marins, et finissent par gagner notre indulgence, se rendant alors avantageusement invisibles.
Mais c’est aussi une histoire d’anticipation, où lesdits objets, une fois leur cycle éphémère effectué, entament finalement une seconde existence, durant laquelle ils ne font désormais plus qu’un avec notre corps, épousant nos formes, accompagnant nos gestes, dirigeant nos sens. Cette fois, c’est nous qu’ils emmaillotent, empapillotent, encapuchonnent ; toujours à notre insu. Cette fois, c’est nous le produit. Humains reconditionnés par paquets d’un exemplaire ; pelliculage à discrétion. Naît ainsi une génération mutante d’êtres radieux en apparence, hautement stylisés, et progressant inexorablement dans une lumière aveuglante. Ce défilé de dupes qui se joue devant nous finirait presque par nous emballer, nous faire rêver ; alors qu’au même instant, c’est une douce asphyxie doublée d’une oppressante indifférence qui ponctue l’ultime acte d’une espèce définitivement déboussolée.
Intitulée Re-cycle, la série de Marion Saupin nous confronte à notre capacité inébranlable à faire fi d’une réalité connue de tous. Et qu’importe si l’objet d’insouciance se retourne contre nous. Nous aurions déjà gagné haut la main notre perte. Emballé, c’est pesé.
Gérald Vidamment

Le carnet de croquis de Marion