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Suisse - Genève • Exposition photo "The Sheen, The Shine" de Matthew Porter (Galerie Xippas)
Infos pratiques
du Jeudi 17 Janvier 2019 au Samedi 2 Mars 2019
Description
Exposition du 18 janvier au 2 mars 2019
Vernissage le jeudi 17 janvier 2019 de 17h à 20h30
Adresse : Rue des Sablons 6 et rue des Bains 61, 1205 Genève

La Galerie Xippas est heureuse de présenter pour la première fois en Suisse, une exposition du photographe new-yorkais Matthew Porter. Empreint d’une esthétique avant-gardiste, Matthew Porter expérimente le medium photographique entre anciennes et nouvelles technologies, afin d’explorer les possibilités infinies de manipulation et de construction de l’image.

Matthew Porter fait partie de ces artistes contemporains qui ont décidé de repousser à leurs limites les définitions et catégorisations de l’Art traditionnel. En utilisant principalement la photographie argentique à l’ère du numérique, il affirme une certaine logique dans sa démarche artistique, lui conférant un regard des plus singuliers. C’est en s’affranchissant du leitmotiv traditionnel de suspension du temps de la photographie qu’il décide de construire ses images. Il ne cherche pas à saisir l’instant, mais au contraire, à révéler l’aboutissement d’un long processus de création et de révélation. Il explore alors les techniques et les possibilités qu’offre la photographie afin de la manipuler toujours un peu plus.

L’utilisation de la photographie argentique est ainsi indispensable à son processus de création. Dans les images de Matthew Porter, le film de la pellicule est le support même de la construction de l’image, comme une toile le serait pour un peintre. Sa matière fait d’elle un objet physique, palpable, supposant des expérimentations infinies. Le support de la pellicule, puis le support du tirage photographique permettent manipulations, montages, découpages, expositions multiples, superpositions, constructions. De la pellicule au tirage, la photographie est un espace de possibles qui mérite d’être exploré tant par le regard que par la main de l’artiste. Car la main de Matthew Porter investit littéralement l’image. Ces gestes, puisqu’ils engagent la main, le corps, sont des actions purement artistiques venant accorder à la photographie une dimension tout à fait nouvelle. L’espace pictural n’est alors plus une, mais plusieurs histoires agencées, modifiées, ajoutées. Une démarche permettant à cette photographie d’adopter un nouveau langage visuel où différentes narrations, souvenirs, mémoires et réalités se retrouvent au sein d’un seul et même cadre.

La surface sensible de l‘émulsion du négatif photographique est ainsi le point de départ de toutes ces expérimentations. C’est dans sa matière

que l’image se révèle, par une action indispensable à la naissance de toutes photographies, une unique inscription dans sa matière : celle de la lumière.

Le titre de l’exposition « The Sheen, The Shine », littéralement : « l’éclat, la brillance », révèle à lui seul l’importance de la lumière dans les photographies de Matthew Porter. L’éclat : ce qui se reflète, réagit, et la brillance : ce qui illumine, sont les deux actions lumineuses exprimées dans les deux séries présentées dans l’exposition. Si la lumière permet à toute image d’exister en premier lieu, ici, Matthew Porter pousse ce principe à son paroxysme en usant de la lumière pour montrer le monde autrement. Elle est l’élément composite de toutes ses images, c’est elle qui donne le ton et qui va venir guider toutes ses expérimentations. Chez lui, tel un sculpteur, la lumière creuse, s’enfonce, jaillit, fait apparaître un relief, définit des espaces, des pleins et des vides, des volumes.

La première salle de l’exposition présente une série de photographies où figurent des compositions de matériaux à même le sol. Ces photographies ont été réalisées dans le studio de son père, un sculpteur qui a été marqué par les influences modernistes. Ces images ont pour objet le débris de fabrications de ses œuvres, des « restes » de matériaux inutilisés, qui reprennent vie derrière l’objectif. Ces constructions sont d’abord mises en scènes, puis composées par le médium photographique à l’aide d’expositions multiples. La lumière vient éblouir ces matériaux, son éclat réagissant différemment sur chaque matière : un miroir nous reflète un hors-champ quasi invisible, un métal blanchi nous éblouit, et ses ombres noires viennent créer des zones de vide absolu, une sorte de vertige dans l’image. L’action de la lumière qui se reflète à leur surface nous emmène dans une mutation des objets, vers un imaginaire nouveau, comme des villes utopiques ou des constructions du Bauhaus. Ces constructions picturales rappellent aussi l’esthétique cubiste de Braque ou de Picasso, venant en quelque sorte créer une boucle temporelle. Matthew Porter met en lumière cette esthétique signant le début de la modernité en peinture, tout en le révélant avec le médium le plus moderne qui soit : la photographie. C’est ainsi qu’il confère un double hommage à l’histoire de l’art : celui de la sculpture, et celui de la peinture. C’est ce dialogue des techniques qui révèle une dialectique entre modernité et tradition, et qui délivre à tous les médiums artistiques un hommage esthétique évident.

La deuxième salle d’exposition présente une constellation d’une trentaine d’œuvres

de nature, de portraits ou de paysages. Ces photographies composites englobent plusieurs temporalités, comme une véritable poésie du quotidien ouest-américain de Los-Angeles, une ode à un univers personnel de l’artiste. Ces images, réalisées à partir de manipulations photographiques et d’explorations stylisées de la lumière et de la couleur, nous emmènent vers un ailleurs. Ici, la lumière brille, illumine, parfois tellement que le sujet disparait dans une sorte d’abstraction lumineuse et colorée. Dans un sens, ces photographies libèrent le spectateur d’un regard contraint par l’histoire de l’art pour entrer dans une dimension plus nostalgique. Ces images, entre références historiques et sensibilité moderne, nous forcent à penser au résultat de l’image et ce qu’elle représente au sens figuratif, plutôt qu’à penser à la photographie en tant qu’œuvre concrète. Seule une sorte de fil narratif tissé discrètement se fait ressentir. Matthew Porter cherche à nous raconter une histoire, ou mieux, souhaite que nous développions nous-mêmes, à partir de ses œuvres, des histoires intimes faites de sensations et d’interprétations mêlées.

C’est ainsi que les images de Matthew Porter se contemplent plus qu’elles ne se regardent. Se ressentent plus qu’elles ne s’observent. Chacune des photographies raconte une histoire à sa manière que le spectateur est libre de s’inventer, guidé par une seule et même trame narrative : la lumière, sa brillance, son éclat.



Matthew Porter est né en 1975 à State College en Pennsylvanie aux Etats-Unis. Diplômé du Bard-ICP en 2006, il a depuis participé à de nombreuses expositions institutionnelles : «After Photoshop» au Metropolitan Museum of Art (New York, 2012), «Perspectives 2010» au Centre international de la photographie (New York, 2010). Récemment, il a pris part à des expositions collectives au George Eastman Museum de Rochester (New York, 2016), au Fotografiemuseum (Amsterdam, 2014). En France, son travail a été montré dans l’exposition « Autophoto » à la Fondation Cartier (Paris, 2017). Sa première monographie « Archipelago » a été publiée par Mack Books en 2015. Son travail fait partie de la collection permanente du Metropolitan Museum of Modern Art, (New York). En 2016, Matthew Porter a été invité par la maison Christian Dior à concevoir le design pour une ligne de sacs et d’accessoires pour le projet Dior Lady Art. Matthew Porter est représenté par les galeries M+B à Los Angeles, Invisible Exports à New York et Xippas.































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